RÉFLEXIONS & TRANSFORMATIONS CULTURELLES

 

Blockchain, RH et prospectives.

Une chose est certaine : il faut garder les yeux grands ouverts sur la blockchain car elle dispose de toutes les caractéristiques pour créer une rupture pour les RH.
Une chose est incertaine : comment le fera-t-elle et dans quels horizons temporels ?

Pour poser un cadre d’entrée de jeu, sachez que la blockchain ne se résume pas seulement aux transactions financières et aux crypto-monnaies i.e. Bitcoin, Ethereum, Litecoins et autres « coins ». Elle concerne donc toutes les transactions au sens premier du terme : une action qui engage de la valeur entre plusieurs parties.

La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle (source : Blockchain France) ; i.e. elle accrédite, certifie et valorise la valeur elle-même.
La blockchain formalise une preuve immuable qu’une transaction a été effectuée (date, heure, lieux, partis impliqués). Les données ne se démultiplient pas en de nombreux doublons, divers serveurs, ordinateurs, logiciels et formats, la blockchain centralise ultimement la donnée et son historique.

Puisque l’entreprise tertiaire n’est qu’une « usine à créer de la valeur », elle s’apprête à connaitre une révolution diffuse, notamment à l’étage des ressources humaines. Par essence, les RH engagent de nombreux individus internes et externes à l’entreprise tout en brassant d’incalculables données, à des niveaux différents de confidentialité.

“Blockchain is to value what the internet is to information.”

Quels processus RH se nicheront dans la blockchain ?

1. Pour renforcer la cyber-sécurité générale des données et faciliter le suivi de gestion des collaborateurs.
E.g. le rapprochement bancaire facilité et ainsi que la gestion de la mobilité internationale, les entretiens annuels encadrés, des people review sécurisées.

2. Pour optimiser le recrutement, permettre de certifier les diplômes obtenus et le parcours professionnels des individus.
E.g. le MIT (Massachussetts Institute of Technology) produit des diplômes digitalisés inscrit sur la blockchain, depuis octobre 2017.

3. Pour favoriser l’engagement des collaborateurs – autrement appeler DCO (Decentralized Collaborative Organization)
ex : Talancoin : depuis janvier 2018 l’agence de conseil Talan a développé en interne une application gamifiante avec une cryptomonnaie maison : le Talancoin. Talan souhaite alimenter la collaboration de ses salariés tout en prétendant les familiariser avec la technologie blockchain.
ex : Au-delà des outils, la blockchain pourrait simplement favoriser toutes les pratiques distantielles comme le télétravail.

Il existe 3 types de blockchain (publique, privée, consortium/hybride). Précisément dans le cadre de l’entreprise et de la gestion des ressources humaines on peut préconiser, d’une part une technologie privée pour certaines tâches impliquant une forte cyber-sécurité et d’autre part une technologie consortium pour les fonctionnalités davantage collaboratives.

Verrou de l’élitisme ou certification des compétences ?
La blockchain prétend réinstaurer une confiance déchue à l’heure des cyber-attaques et des e-réputations malmenées. Pourtant, en certifiant les diplômes et les parcours auprès des recruteurs, la blockchain pourrait se muter en un triste verrou de l’élitisme. Néanmoins, couplée avec des tendances RH actuelles (recrutement sans C.V. notamment) elle deviendrait une alternative pertinente au culte du diplôme.
L’employabilité serait d’abord définie par les compétences de l’individu, hard et soft-skills, certifiées lors de tests adaptés à la cartographie des compétences de chaque entreprise.

RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) & blockchain
Le 25 mai 2018 toutes les entreprises devront entrer en conformité avec les lois RGPD. Dans un article de l’Usine Digitale, Maître Éric A. Caprioli avocat spécialisé en droit des nouvelles technologies, de l’informatique, de la communication et de la propriété intellectuelle réfléchit au rapport entre Blockchain et RGDP. Il souligne de nombreuses injonctions paradoxales, principalement autour de la blockchain publique, qui concernerait davantage les interactions de l’entreprise avec l’extérieure.

L’arrivée de la blockchain ne doit pas être un vecteur de panique pour les collaborateurs et les RH. Comme Internet il y a 30 ans, celles et ceux qui lui survivront seront les plus avertis et les grands gagnants. Puisqu’elle est par essence ultra diffuse cette technologie se déclinera en tout point et en tout lieu dans notre quotidien, inspirant la production de gadgets comme d’outils révolutionnaires. Alors, à votre échelle, sachez rester en veille.

Carla Humbert

Carla Humbert

Consultante

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