Associations de charité, clubs d’oenologie, apéros RH, toutes les occasions sont bonnes pour développer son réseau. Toutes ? Non ! Nous sommes tombés cette semaine sur une initiative assez surprenante : un JobRun, qui a lieu le samedi 18 mars à Grenoble puis le 25 mars à Lyon pour mettre en relation des 18-30 et des recruteurs.
Comme le nom de l’événement l’indique, les participants courent ensemble, encadrés par des coachs, et en profitent pour échanger retours d’expériences et contact.

On comprend d’où vient l’idée : du besoin de donner un cadre informel aux échanges professionnels.
Néanmoins, le cadre du jogging est-il le bon ? Bien qu’on ne doute pas que les clubs de course soient un espace qui sert à élargir son réseau, est-ce pertinent de positionner le recrutement comme objectif premier ?
On comprend tout à fait l’envie des recruteurs de trouver des candidats qui ont des passions proches des leurs et surtout des valeurs qui correspondent à celles de leur entreprise. Bien sûr, le dépassement de soi, l’endurance et la persévérance sont plus palpables quand on court ensemble que sur un CV.

Mais les candidats comme les recruteurs ont-ils envie de courir et d’être ruisselants de sueurs aux côtés de leurs futurs collègues potentiels ? Dans une activité où le souffle est essentiel, il peut aussi sembler compliqué d’échanger sur ses passions et ses compétences entre deux foulées – et aimer courir ne suffit pas pour correspondre à un poste. D’ailleurs, est-ce que recruter en courant ne revient pas à écarter des candidats compétents mais qui n’aiment pas la course à pieds ?

Se pose également la question de la rentabilisation du footing du samedi matin : alors qu’internet fait de plus en plus disparaître la possibilité de ne rien faire, il est important de pouvoir conserver dans le footing la notion de détente et de recentrage sur soi, plutôt que de pousser les joggueurs à… courir après un poste.

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