Pourquoi petits et grands groupes comme Danone, L’oréal, Axa ou PwC ont-ils mis en place des programmes de reverse mentoring ? La raison en est simple : grâce au digital, les millenials* consomment, apprennent et travaillent d’une nouvelle manière. Voici un le premier article d’un cycle pour vous aider à comprendre (et à adopter) ce programme.

Dans quel contexte se déploie le phénomène du reverse mentoring ?

A new way of life

Les millenials achètent différemment : connectés 24h/24, les tendances rythment leur shopping. De nouvelles entreprises customer centric, comme Uber ou Airbnb, fleurissent pour répondre à ces nouvelles demandes. Au-delà des achats, ils ont des attentes et des usages différents quant au monde du travail, à la façon de s’informer, d’apprendre… Et les dirigeants prennent conscience que pour pouvoir rester compétitifs, il faut « se mettre à la page ». Qui de mieux placé pour les aider que les plus jeunes collaborateurs ?

On n’apprend pas au vieux singe à faire la grimace ?

Et pourtant, le digital révolutionne les paradigmes d’apprentissage : les connaissances sont à la portée de tous, les « sages » ne sont donc plus les seuls détenteurs du savoir. Nicolas Rolland, directeur de l’innovation chez Axa, explique sa vision du reverse mentoring :

« Nous avons lancé un programme de ce type en juillet 2014. Deux grandes raisons expliquent l’adoption de cette forme d’apprentissage : le besoin de sensibiliser les dirigeants du groupe au digital et la conviction que  « . Les dirigeants se mettent à niveau sur les nouvelles demandes de la Société amenées par le digital et montent en compétences pour pouvoir y répondre.

Et tout le monde bénéficie de ce programme : les dirigeants gagnent en savoir sur le digital et les mentors gagnent en visibilité dans leur entreprise en découvrant le fonctionnement des hiérarchies supérieures !

Un apport réciproque

« Le digital est un très bon outil pour créer des liens intergénérationnels, et favoriser les échanges et le dialogue entre des femmes de culture et d’âge différents. On est dans le partage » explique Sylvie Houlière Mayca, vice-présidente de PWN en charge des programmes de tutorat.

Les deux parties sont donc gagnantes, parce que les mentors construisent leur réseau professionnel et apprennent à créer des programmes de formation au contact de supérieurs hiérarchiques en découvrant les arcannes de l’entreprise ! Enfin, le reverse mentoring constitue un moyen de briser les silos présents dans les grands groupes. Il facilite l’introduction d’un nouvel état d’esprit et d’outils pour fluidifier la communication et la circulation de l’information. Il ouvre aussi la voie à des structures hiérarchiques plus souples, en faisant collaborer différents services et différentes générations.

Livre-de-la-jungle-248399Crédits : Le livre de la Jungle, Disney, 1967

3 étapes pour mettre en place un programme de reverse mentoring

Parce qu’on ne sait pas toujours par où commencer, voici les trois étapes à suivre si vous souhaitez mettre en place un reverse mentoring !

  1. De l’importance de bien choisir ses mentors et de s’assurer du niveau initial des étudiants aka mentees. Pour cela, il est essentiel, avant toute chose, de cartographier leurs compétences et leurs attitudes ainsi que leurs profils d’apprenants : sont-ils plus à l’aise en apprenant en groupe ou seul, avec de la vidéo ou du texte, par des cas concrets ou de la théorie, en premier…). Le DSA, (Digital Self Assessment), plateforme que nous avons développée en interne, est le premier outil du marché à évaluer les différents types d’apprenants pour permettre de co-construire les programmes de reverse mentoring les mieux adaptés.
  1. De la pertinence et de l’adéquation du programme. Le digital ne s’apprend qu’au travers d’ouvrages ou de vidéos mais se pratique avant tout. Il est donc essentiel de penser le programme en se focalisant sur la pratique et l’expérience, tout en respectant les attentes et les besoins de chacun. Pour cela, vous devez faire preuve de créativité en multipliant les formats (quiz, webinar, présentiel, jeux, etc.) tout en vous assurant que la pédagogie est bien respectée : chacun de vos mentees doit être assuré de recevoir les mêmes connaissances et comprendre le même langage – gage d’une première étape d’acculturation au digital réussie.
  1. De l’amélioration continue avant tout. Dans une idée d’amélioration continue et de « test & learn », vous devez aller chercher des feedbacks et des données sur vos mises en place de programme et ce, que ce soit du côté des mentors, des ingénieurs pédagogiques, des mentees voire même de leurs collègues. Vous devez quantifier et analyser ces retours. Ainsi, vous saurez sur quelles connaissances certains de vos étudiants ont eu des difficultés, quelle partie doit être détaillée, le niveau de pédagogie de vos mentors et bien d’autres indicateurs. Le but étant de réduire les frictions pour maximiser l’acquisition des connaissances et surtout d’apprendre à apprendre , en tirant leçons des expériences de chacun.

Si vous avez des exemples d’entreprises ayant lancé des programmes de reverse mentoring, n’hésitez pas à les partager avec nous. Et si vous souhaitez en savoir plus, suivez notre cycle consacré au REVERSE MENTORING (cas d’entreprises, témoignages de mentors et de mentees, etc…) en vous inscrivant à la newsletter !

*Millenial, digital natives, génération Y : autant d’appellations pour ceux qui sont nés entre les années 1980 et 2000 et qu’on dit être la génération la plus importante depuis les baby-boomers. Retrouvez toutes les définitions sur notre glossaire !

Maud Cloix

Chef de projets RH

Passionnée de sciences humaines, découvertes grâce à ma formation en classe préparatoire, je suis actuellement étudiante au CELSA en Ressources Humaines et communication, avec un seul but : révolutionner le monde de l’entreprise grâce à l’apprentissage de pratiques RH innovantes ! Au sein de 231e47, j’apporte mon soutien à de multiples missions, de la veille à la réalisation d’outils innovants au service des entreprises.

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